Le sédévantisme est un péché mortel

 « Sans la monarchie romaine, il n’y a plus d’Église. »

- Joseph de Maistre, Du Pape, 1819 -

 

Nous nous doutions que les courts articles1, 23de simples précisions minimales et circonstancielles et qui, volontairement, ne firent pas l’objet d’un long exposé plus conforme au format habituel de notre site doctrinal : laquestion.com, susciteraient quelques réactions dans les milieux sédévacantistes en raison de leur caractère critique appuyé et du nécessaire rappel, pourtant relativement bref, qu’ils faisaient de quelques vérités canoniques essentielles.

Cela fut en effet le cas, au-delà même de ce que nous avions soupçonné, provoquant des débats intenses et intéressants, ainsi que des  réactions diverses, dont une s’est même concrétisée par une « réponse », assez prévisible au demeurant de par sa conformité à la thèse classique du courant dont elle se réclame, dénommée : « Critique d’un article intitulé Les sacrements de l’Eglise sont valides »

Le sédévacantisme est tombé dans le piège du libre examen

dont se firent les avocats Calvin et Luther !

En effet, à constater l’émoi visible de ceux qui s’enferment avec entêtement dans l’option dramatique du schisme, il semble que nos modestes exercices de clarification aient provoqué un certain trouble dans ce petit monde égaré par les vapeurs du libre examen qui reproduit, avec une rare conformité en adoptant hideusement leur identique attitude apostate, le comportement de Calvin et l’hérésie de Luther.

Nous ne reprendrons pas ligne par ligne le tissu des lassantes contrevérités régulièrement assénées par l’idéologie diffusant sataniquement la pensée d’une vacance du Saint-Siège. Cet exercice a montré depuis bien déjà trop longtemps sont inutilité, notamment envers les esprits bornés enfermés dans le sinistre cachot de leurs funestes illusions. Nous nous bornerons simplement à mettre en lumière, une fois encore, la puissante fausseté de l’unique thèse qui forme le tout du discours sédévacantiste, à savoir l’hypothétique absence actuelle d’un pape sur le trône de Pierre et des conséquences terrifiantes qui en découleraient dont en premier l’invalidité des sacrements.

I. Il y a déjà eu des papes hérétiques !

La première difficulté qui apparaît nettement au regard de l’Histoire, avant que nous nous penchions sur celle qui consiste à se demander qui a autorité pour décréter que le Pape « a renoncé à la foi catholique et soutient l’hérésie » , c’est qu’il y eut des précédents en la personne de Papes, sans même évoquer la vie scandaleuse, désordonnée, prévaricatrice, impie, criminelle et corrompue de certains, motif d’un grand trouble, qui enseignèrent ou soutinrent notoirement l’hérésie. Aussi humiliant que cela soit pour l’Eglise, il apparaît manifestement à l’examen que plusieurs Papes se sont fourvoyés dans l’erreur en matière de foi, s’y sont obstinés jusqu’à condamner les tenants de l’orthodoxie, parfois avec une certaine solennité :

 –   Libère est connu pour sa défaillance coupable de décembre 359, quand il accepte de signer, sous la contrainte de l’Empereur qui le tient prisonnier à Byzance, un formulaire semi-arien.

  –   Vigile, en 553, favorise l’hérésie en refusant de déclarer clairement la doctrine de l’Église qui affirme deux volontés dans le Christ, l’une divine, l’autre humaine.

 –    Boniface IV adopte en 612, une attitude non moins équivoque, et Saint Colomban la lui reprochera dans une Lettre d’une impressionnante véhémence !

  –  Honorius est, de tous les papes hérétiques, le plus célèbre et sans doute le plus gravement coupable qui lui valut l’anathème du VIe Concile de Constantinople, en 680, confirmé par le pape Léon II et repris par tous les grands Conciles œcuméniques jusqu’à l’époque moderne.

 -    Jean XXII, en Avignon, le jour de la Toussaint 1331, dit que les morts n’entreront dans la vision béatifique qu’à la résurrection, à la fin du monde !

Nous constatons ainsi, sans peine, en quoi l’éventualité qu’un Pape professe une erreur n’est pas chose nouvelle pour l’Eglise. D’ailleurs le Canon 2264 déclare illicite, mais pas automatiquement invalide, les actes de juridiction posés par quelqu’un qui a été excommunié: « Un acte de juridiction posé par une personne excommuniée, que ce soit au for interne ou au for interne, est illicite; cependant si une sentence condamnatoire a été prononcée, il devient invalide, sans porter préjudice aux prescriptions du Can. 2261; sinon il est valide. » Donc le clerc hérétique ne perd pas automatiquement ses fonctions,mais doit être déposé en bonne et due forme par l’autorité légitime avant d’affirmer qu’il n’est plus autoriré à exercer sa charge, autorité qui n’est point humaine et donc bien délicate à convoquer. Nous pouvons en conclure que l’hérésie, même externe, n’enlève pas automatiquement la juridiction.

Le Testament « problématique » de l’abbé Belmont

      Seul le Christ peut juger le Pape !

De la sorte, si théoriquement un Pape devrait être déposé s’il enseigne l’hérésie, concrètement il ne l’est jamais pour la simple et bonne raison qu’il n’existe nulle instance ecclésiale possédant l’autorité nécessaire pour procéder à cette déposition. En effet, quelles que soient les fautes personnelles, les prévarications, les scandales, les crimes, les forfaitures, quels que soient les actes schismatiques et les enseignements hérétiques dont les Pontifes constitués en autorité peuvent se rendre coupables, nul n’est habilité de son propre mouvement, de par sa décision personnelle à déclarer déchu de sa charge et dépouillé de ses pouvoirs un membre quelconque de la hiérarchie catholique.

 Ceci est juridiquement impossible, spirituellement impensable, formellement irréalisable.

Le Pape n’a pas de supérieur sur la terre !

 

De ce fait si le Pape hérétique devrait perdre son pontificat sur une déclaration officielle d’hérésie, néanmoins, et c’est là que réside la difficulté majeure, il est clair qu’une telle déclaration ne peut être légalement exécutée, car le Pape n’a pas de supérieur sur la terre qui soit capable de le juger et de le démettre de sa fonction. De la sorte, même s’il tombe dans une hérésie notoire, ce qu’à Dieu ne plaise, le Pape ne perd jamais son pontificat.

  

Mgr Ngô-Dinh-Thuc (1897-1984) ,  excommunié pour la consécration de l’antipape Domínguezest à l’origine de tous les sacres sédévacantistes et conclavistesresponsable d’une multitude de lignées épiscopales hérétiques  ayant des liens étroits avec les Vieux Catholiques et avec toutes sortes de sectes et de sectairesdont des sociétés maçonniques !

 

II. Les dangers du sédévacantisme

Mais il y a surtout deux dangers gigantesques potentiels dans le sédévacantisme :

- Le risque de tomber gravement dans le subjectivisme en s’imaginant compétent, à la place du Christ, puisque le Pape n’a pas de supérieur sur cette terre, pour juger et déposer dans son esprit et selon l’effet du libre examen le Souverain Pontife, ce qui est une pure folie.

- Le péril absolu  de tomber dans l’hérésie majeure et terrifiante du conciliarisme, ou conclavisme – qui a été condamnée par l’Église (en effet qui peut nous dire, de façon certaine, qu’une déclaration d’hérésie venant d’un groupe d’évêques n’est pas une tentative de déposition ?), dont on sait qu’elle fait surgir des prétendus « Papes », élus par de pseudos évêques, et dont la conséquence directe est l’éclatement en d’innombrables morceaux disparates et de groupuscules ennemis, de la sainte unité de l’Eglise, dès lors brisée, morcelée et infectée irrémédiablement par l’esprit de secte.

 
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La conséquence directe du sédévacantisme est l’éclatement en d’innombrables morceaux disparates de la sainte unité de l’Eglise !

De la sorte, peu importe comment les sédévacantistes essayent de justifier leur position, il nous faut admettre que leur thèse périlleuse est capable de briser définitivement l’Eglise, et qu’elle n’est pas basée sur des décisions juridiques légitimes, mais sur un jugement subjectivif tout droit héritier de Luther.

Le seul critère objectif requis par la théologie catholique pour la reconnaissance d’un vrai Pape, est la reconnaissance de l’élu par les cardinaux réunis en conclave, puis par les évêques et par toute l’Église.

 Dans le cerveau des sédévacantistes, ce critère a disparu et ne peut plus être objectif, mais doit nécessairement faire appel à une source qui est fondamentalement personnelle, subjective, même si on essaye de la justifier, à grand renfort de multiples citations, en la faisant apparaître comme objective.  

 III. L’absence de Pape est impossible

    Par ailleurs, un autre problème important du sédévacantisme se signale à l’examen de ses positions, c’est son incapacité à pouvoir expliquer comment l’Église peut continuer d’exister d’une manière visible, alors qu’elle aurait été dépouillée de sa tête. Le sédévacantisme est à ce titre prisonnier d’une erreur formelle indépassable, liée à une interprétation étroite de la bulle de Paul IV, qui ruine toute sa thèse qui tient d’ailleurs en quelques mots : « Nul pape ne peut être hérétique, hors le pape soutenant Vatican II professe des hérésies, donc il n’est pas pape. »

Mais cette façon d’envisager le problème n’est logique qu’en apparence, car l’Histoire nous apprend que par le passé des papes ont soutenu des thèses hérétiques. Que l’Eglise a même reconnu des antipapes lors du grand schisme d’Occident, et que des conciles soutinrent des opinions condamnables. Le sédévacantisme est donc le pur produit d’un syllogisme, d’un hiatus intellectuel, d’une méthode argumentaire schizophrénique.

De plus, il ne faut jamais l’oublier, le jugement des fidèles constatant que les Papes soutiennent l’erreur, pour être éventuellement juste, ne peut cependant avoir force d’autorité canonique pour destituer ou déposer des Papes qui professent l’hérésie. Tout le problème est là. Les sédévacantistes excédent par leur attitude leur capacité légale en tant que membres de l’Eglise et finalement, en s’écartant de la Rome conciliaire par leur jugement subjectif personnel, se font Protestants en croyant demeurer catholiques. Il faut donc, d’obligation certaine, pour éviter cette situation schismatique, rejeter l’hérésie mais reconnaître le Pape quel qu’il soit, tant qu’il n’est pas déposé, non dans ce qu’il enseigne évidemment, mais dans ce qu’il représente comme successeur légitime, même très indigne, de Pierre.

Ainsi donc, bien que le constat des sédévacantistes soit juste lorsqu’ils pointent du doigt les dégâts occasionnés par Vatican II, leur logique est cependant faussée et leur solution inexacte, car sortir de l’Eglise et s’en écarter en établissant des hiérarchies parallèles, en ne reconnaissant plus le Pape comme légitime successeur de Pierre, est une erreur absolue doublée d’une faute gravissime, car c’est abandonner l’épouse mystique du Christ aux brigands.

 « Ceux qui affirment qu’il n’y a pas de Pape simplifient trop les problèmes. La réalité est plus complexe. » - Mgr Lefebvre, 1979 -

Mgr Lefebvre le déclarait positivement :

  « (…) ceux qui affirment qu’il n’y a pas de Pape simplifient trop les problèmes. La réalité est plus complexeSi l’on se penche sur la question de savoir si un pape peut être hérétique on s’aperçoit que le problème n’est pas aussi simple qu’on le croirait… »  (La Nouvelle Messe et le Pape, 8 novembre 1979).

   La remarque de Mgr Lefebvre, montrant en quoi il est très délicat d’affirmer de façon péremptoire qu’un Pape est ou n’est pas hérétique, se double également pour nous d’une certitude fondée en raison naturelle et en conviction surnaturelle, certitude que nous recevons du célèbre auteur Du Pape, le comte Joseph de Maistre, qui fit tant pour défendre l’institution de la Papauté :

                    « Sans la monarchie romaine, il n’y a plus d’Église. »

Voilà notre conviction profonde, et la raison de notre position légitimiste en matière d’autorité ecclésiale, qui rejoint celle de Joseph de Maistre : la monarchie romaine fonde, fait et établit l’Eglise, et nul ne peut de sa propre volonté, du haut d’un imaginaire tribunal surgi de son jugement subjectif de simple laïc, voire de prêtre, d’évêque ou même de cardinal, décider de son propre chef de ne plus reconnaître le Souverain Pontife. Rien ne dépasse en valeur, la nécessité, par économie de suppléance vitale, la préservation absolue de l’institution Pontificale, d’autant en temps de crise extrême telle que nous la connaissons aujourd’hui, car une cessation de la visibilité de la charge pétrinienne conduirait à un mal plus grand encore facteur d’une destruction certaine pour l’Eglise.

 Or, une interrogation suit immédiatement ce que nous venons d’affirmer : cette monarchie, à la faveur du dernier concile, a-t-elle disparue, a-t-elle été abrogée, détruite, modifié ?

 La réponse est NON ! Par miracle Vatican II n’a pas touché à la Papauté.

Par miracle Vatican II n’a pas touché à la Papauté !

 Dès lors, si la fonction est intacte, si rien, par l’effet d’un grâce toute spéciale, n’a été modifié, perverti, transformé des éléments de la charge Pontificale, oeuvrons et prions pour que d’elle surgisse, à la faveur de la Divine Providence, un bon Pape qui, en convoquant un Vatican III de Tradition restaurera la foi de l’Eglise.

 Conclusion 

Nous le voyons, l’affirmation hâtive de la thèse sédévacantiste ne permet pas de résoudre une interrogation majeure et centrale, celle de savoir comment l’Église peut-elle continuer d’exister sans un pape à sa tête ? Si l’on suit la conviction des partisans de la vacance du Saint-Siège l’Eglise n’existerait plus. Mais dès lors qu’il y a l’Eglise, et Eglise il y a, il y bien un Pape qui la gouverne.

« les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre l’Eglise. »

 (Matthieu XVI, 18)

Il n’y a donc au fond qu’une seule question à poser aux sédévacantistes, qui est celle-ci :

 Pensez-vous que le Christ soit un menteur, un fabulateur ou un ignorant lorsqu’il déclare : « les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre l’Eglise. » (Mt XVI, 18) ?

Si tel n’est pas le cas, pourquoi donc faites-vous cependant de lui un menteur, un fabulateur et un ignorant, en méprisant la Sainte Ecriture, en proclamant, à l’exemple des différentes sectes Protestantes qui se sont séparées de l’Eglise, que les forces de l’Enfer ont triomphé de l’épouse du Christ depuis Vatican II en considérant qu’il n’y plus de successeur sur le trône de l’apôtre Pierre à Rome et que son siège est vacant ?

On le constate ainsi avec effroi, l’implicite de tous les textes sédévacantistes, c’est tout simplement que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous aurait menti dans l’Evangile en déclarant, évoquant l’Eglise : « Et portae inferi non paraevalebunt adversus eam ».

Ainsi, au fallacieux prétexte de défendre la Tradition, le sédévacantisme soutient la négation de la parole de Notre-Seigneur dans l’Evangile, collabore à la destruction de la Chaire de l’Apôtre Pierre, et nie l’assurance de l’assistance permanente de Jésus-Christ lui-même auprès de son Epouse mystique :

             « Voici que Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des temps. »  Le sédévacantisme est donc un péché mortel !

 

 

 

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