Apparitions du Tuy

 

Notre-Dame de Fatima : apparition du 13 juin 1929 a Tuy

 

LES APPARITIONS À TUY

Jeudi 13 juin 1929

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La demande de consécration
de la Russie

Vision de la Sainte TrinitéSœur Lucie obtint de ses supérieures l'autorisation de faire chaque semaine une heure sainte de 23 heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi.
Alors qu'elle était en prière, une lumière surnaturelle éclaira la chapelle, et, sur l'Autel, apparut une grande Croix de lumière qui s'élevait jusqu'au plafond. Sur la partie supérieure de cette Croix, sœur Lucie vit le buste de Dieu le Père qui, sur Sa poitrine, portait une colombe lumineuse.
Cloué sur la Croix, elle put voir Notre Seigneur Jésus-Christ. A côté de Lui, un calice et une grande Hostie étaient suspendu. Des joues et de Sa blessure à la poitrine, coulaient quelques gouttes de Sang sur l'Hostie et dans le Calice.
Sur le coté droit de la Croix se trouvait Notre-Dame, telle que Lucie la vit à Fatima, avec Son Cœur Immaculé dans la main gauche. Ce Cœur avait une couronne d'épines et des flammes.

Sous le coté droit de la Croix, en grandes lettres formées par de l'eau cristalline, étaient marqué ces mots : "Grâce et Miséricorde". C'était la présence de la très Sainte Trinité !

Notre-Dame, dit à sœur Lucie :

"Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen".
Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie.

Faut-il rappeler, qu'en 1929, la persécution contre l'Église et le mépris le plus total pour Notre Seigneur Jésus-Christ avaient conduit les communistes à fermer les Églises et à condamner toutes pratiques de la religion...! De plus, les « erreurs » du communisme, qui étaient en passe d'y triompher, menaçaient la paix dans le monde entier. C'est donc, à juste titre, que le Ciel demandait réparation et consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie ; mais le Saint-Siège ne fit rien malgré les insistances de sœur Lucie qui écrivit même une lettre à son confesseur pour lui dire :

"Le Bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux Très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si Sa Sainteté le pape promet, moyennant la fin de cette persécution, d'approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois".


Hélas, c'était peine perdue... aucun pape ne fera rien !!!
Voilà pourquoi, plus tard (en août 1931), le Seigneur se plaignant, dit :

"Ils n'ont pas voulu écouter ma demande. Comme le roi de France, ils s'en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard Voir Forum. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir".


(révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sœur Lucie, en août 1931, lors d'un séjour de convalescence à Rianjo, une petite ville proche de Pontevedra).
Ste. Marguerite-MariePourquoi Notre Seigneur fait-il référence au roi de France ? Tout simplement parce qu'en 1689, Jésus-Christ se révéla à sainte Marguerite-Marie en ces termes :

"Fait savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur (donc, au roi Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable. Mon Cœur

veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église. Mon Père veut se servir du roi pour l'exécution de Son dessein, qui est la construction d'un édifice public où serait placé le tableau de mon Cœur pour y recevoir les hommages de toute la France".
Notre Seigneur promettait donc à la France, Sa "fille aînée, comme Il l'appelait, sa toute puissante protection moyennant trois choses :

  1. Mettre Son Sacré Cœur sur les armes du roi et les étendards de la France ;
  2. Lui élever une Église nationale ;
  3. Que dans cette Église la France Lui soit solennellement consacrée par son souverain.

Louis XIV ne répondit à aucun des désirs de Notre Seigneur. On ne sut jamais s'il méprisa les avis de l'humble Marguerite-Marie, la voyante, en refusant de croire à ses révélations, ou si l'église et les personnes choisies pour lui rapporter les demandes du divin Maître n'attachèrent pas assez d'importance aux apparitions de Paray-le-Monial pour le lui en parler.
Quelle qu'ait été l'infidélité des hommes, il demeure évident que Notre Seigneur Jésus-Christ s'est servi de Marguerite-Marie pour donner Son Cœur à la France, et, par la France, à l'Église et au monde. Si Louis XIV aurait consacré la France au Sacré-Cœur, elle aurait été certainement sauvée des attaques de la franc-maçonnerie qui, dans l'ombre, préparait déjà la Révolution de 1789 et toutes celles qui suivirent.

En effet, n'est-il pas frappant de rapprocher ces deux dates :

  • 17 juin 1689 : Message resté sans réponse de Notre Seigneur Jésus-Christ à Louis XIV ;
  • 17 juin 1789 : Le tiers état insurgé se proclame Assemblée constituante et emporte dans le sang et la terreur la Monarchie française.

Quant à l'ordre des jésuites qui avait été spécialement choisi pour répandre la dévotion envers le Sacré-Cœur et transmettre à Louis XIV ses grands desseins, via le R.P de la Chaise s.j., il fut supprimé au Portugal en 1759, en France en 1764, et en Espagne en 1767. De plus, il fut dissous par le Pape Clément XIV lui-même en 1773.

IL faut aussi se rappeler que Louis XIV, dont le règne avait été jusque-là si heureux et si glorieux, vit, dès lors, la victoire abandonner ses armées et les deuils les plus cruels décimer sa famille : de 1708 à 1712 moururent son fils (le Grand Dauphin), ses petits-fils (le duc de Bourgogne et le duc de Berry), la duchesse de Bourgogne qu'il aimait particulièrement, et son arrière petit-fils le duc de Bretagne. Ainsi, en moins de quatre ans, le roi Louis XIV perdit ses trois successeurs ; la France ses trois dauphins !.

Si Louis XIV et ses successeurs n'exécutèrent pas les ordres divins ; et s'il est impossible d'espérer que les hommes actuellement au pouvoir s'y conforment davantage, il appartient aux catholiques français de demander la consécration de la France. En effet, si une partie des désirs de Notre Seigneur a été réalisé (Élever une église nationale : celle du Sacré-Cœur de Montmartre), il n'en est pas de même pour les autres demandes : consécration de la France, par ses dirigeants, au Sacré-Cœur de Jésus, et mettre ce Sacré-Cœur sur les étendards.

Si le Pape ne consacre pas la Russie au Cœur Immaculé de Jésus et de Marie (et par la même occasion révèle au monde le troisième secret de Fatima), il est à craindre que Dieu frappe Son Église du même châtiment qu'il réserva en 1789 à la monarchie française !

Déjà, le 13 juillet 1917 à Fatima, Notre-Dame avait dit clairement : « La guerre (celle de 1914-1918) va finir ; mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire ». Peut-on être plus clair que ça ? (en 1917, le pape était Benoît XV, et seule la Sainte Vierge savait que le châtiment arriverait si sous le règne de Pie XI on ne répondait pas à Sa demande). Or, rien n'a été fait pour écouter les demandes de Notre-Dame ! Sœur Lucie écrivit à son ancien confesseur une lettre qui est empreinte d'une double angoisse, celle de ne pas pouvoir encore atteindre le Saint-Père et celle de voir la menace de guerre se préciser : « Notre-Dame a promis que le fléau de la guerre sera retardé si l'on pratique cette dévotion [des premiers samedis]. Elle dit que nous verrions bien que le châtiment s'éloignerait à mesure que l'on ferait effort pour la propager. Mais je crains que nous ne puissions faire plus que nous faisons, et que Dieu, peu satisfait, ne retire le bras de sa miséricorde et laisse dévaster le monde par ce châtiment qui sera horrible, horrible comme jamais. »
Le Père Aparicio qui connu la religieuse pendant douze ans, commenta : « Les mots soulignés l'ont été par Lucie. J'ai été impressionné par la manière dont elle affirme et pronostique les événements. Elle ne doute pas  elle parle comme si elle voyait l'avenir  je pense que Notre-Dame le lui a montré. » et, en effet, en 1939, sous le règne de Pie XI précisément, la seconde guerre mondiale éclatait... et tout le monde sait qu'elle fut pire que la première !.
La Sainte Vierge ajouta dans son message du 13 juillet : « Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne qu'Il va punir le monde de ses crimes par la guerre ». Et bien, dans la nuit du 25 au 26 janvier 1938, de 21 heures jusqu'à deux heures du matin, les cieux furent remplis d'un étrange et terrible feu, de couleur cramoisie. Les savants "prétendirent" que c'était une aurore boréale d'une splendeur inaccoutumée. Pourtant, à la connaissance du message de la Sainte Vierge, ces phénomènes étaient très révélateurs pour ce qui allait se passer quelques jours plus tard à peine :

  • 4 février 1938 : Hitler prend personnellement en main la direction de l'armée allemande.
  • 12 février 1938 : Hitler entre sans aucune résistance en Autriche.

et tout ira ainsi crescendo en châtiment du mépris des demandes du Ciel.

Le 6 février 1939, sœur Lucie, dans une lettre à Mgr José da Silva, le priait d'écrire de nouveau au Saint Père. Voici les principaux passages de cette lettre : « Dans une communication intime, Notre-Seigneur m'a fait connaître que le moment de grâce dont il m'avait parlé en mai 1938 allait finir. La guerre, avec toutes les horreurs qui l'accompagnent commencera bientôt. [...] Les nations qui souffriront le plus sont celles qui ont tenté de détruire le règne de Dieu. [...] Il promet une protection spéciale au Portugal à cause de la consécration que les évêques en ont faite au Cœur immaculé de Marie ; ce pays souffrira un peu de la guerre, laquelle se terminera lorsque la justice de Dieu sera apaisée. »
Mgr. da SilvaDes diverses lettres que sœur Lucie adressa à Mgr da Silva afin qu'il insiste auprès du Saint Père pour obtenir l'acte de consécration, nous extrayons ces lignes où elle exprime son espérance : « Le Saint Père accomplira cet acte comme tant nous le désirons. [...] Nous aurons à attendre quelque temps, mais tout tournera à la gloire de notre Bon Dieu et de notre tant chère Mère de Dieu. » (27 octobre 1940).
Elle insistait aussi auprès de son ancien confesseur, le Père Aparicio. Le 18 octobre 1940, la guerre annoncée comme « horrible, horrible » durait depuis un an ; sœur Lucie écrivait de nouveau au bon Père : « Je souhaite qu'il plaise à Notre-Seigneur qu'il se trouve quelqu'un pour s'intéresser auprès de son Vicaire sur terre à la réalisation de ses désirs ; mais le Saint Père ne le fera pas tout de suite. Il doute de la réalité (de ma mission) et il a raison. Notre bon Dieu pourrait montrer par quelque prodige que c'est lui qui le demande. Mais il utilise ce délai pour exercer sa justice sur le monde coupable de tant de crimes et le préparer à un retour plus complet au Seigneur.
La preuve qu'il nous donne, c'est la protection du saint Cœur de Marie sur le Portugal en regard de la consécration qui lui en a été faite. »

Ayant rappelé le fléau de la guerre civile espagnole, sœur Lucie ajoute : « Tout cela nous serait arrivé pareillement si nos Prélats n'avaient pas fait attention à la demande de notre Dieu et imploré de tout cœur sa miséricorde et la protection du Cœur immaculé de notre bonne Mère du Ciel.
Mais il faut continuer de prier ; c'est pourquoi, je crois, il serait bon d'inculquer
(aux fidèles) une grande confiance dans la miséricorde du bon Dieu et dans la protection du Cœur immaculé de Marie, et aussi la nécessité de la prière accompagnée de sacrifices, surtout de celui qui est nécessaire pour éviter le péché. C'est la demande de notre bonne Mère du Ciel, sortie de son Cœur immaculé dès 1917, avec une tristesse et une tendresse profonde : "Qu'on n'offense plus Notre-Seigneur qui est déjà trop offensé !" Quel dommage que cette parole ne soit pas bien méditée et qu'on n'en mesure pas toute la portée ! »

Sur le conseil du bon Jésuite, le 2 décembre 1940, sœur Lucie ose s'adresser directement au nouveau Pape Pie XII. (Voir lettre dans le tableau chronologique ci-dessous)

En mai 1952, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à sœur Lucie, cette fois au carmel de Coïmbre, en lui disant :

"Fais savoir au Saint-Père que j'attends toujours la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Sans cette consécration, la Russie ne pourra se convertir, ni le monde avoir la paix."

Le message fut communiqué à Pie XII en juin, et le 7 juillet 1952 le Pape publia la lettre apostolique Sacro vergente anno, consacrant la Russie au Cœur Immaculé; mais cette consécration ne remplissait pas les conditions posées, puisque Pie XII ne faisait aucune allusion à la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois Voir Forum et qui devait, elle aussi, contribuer à obtenir de Dieu le miracle de la conversion de la Russie ; mais surtout, il n'avait pas donné l'ordre à tous les évêques du monde catholique de s'unir à lui dans un acte public de réparation et de consécration.
Sœur Lucie écrira à un correspondant : "...Je vous remercie également de la coupure de journal qui rapporte la consécration de la Russie. Je suis peinée qu'elle n'ait pas encore été faite comme Notre-Dame l'avait demandée. Patience !... Espérons que Notre-Dame, comme une bonne Mère, daignera l'accepter."

Père José AparicioEn guise de sanctions, dès l'automne 1952, Pie XII fit donner des ordres précis à la hiérarchie pour que l'on ne réclame plus cette consécration de la Russie qu'il voulut que l'on considérât comme faite.
De plus, en 1955, le Pape décida que "seules les personnes qui avaient déjà rencontré sœur Lucie pourraient la voir de nouveau sans autorisation expresse du Saint-Siège". Ainsi surveillée, la voyante fut dès lors presque totalement réduite au silence ; rigueurs qui furent aggravées sous le pontificat des papes suivants, à tel point que même son ancien confesseur et directeur, le Père José Aparicio, un véritable homme de Dieu, ne put obtenir la permission de s'entretenir avec elle, surtout à partir de 1960, date à laquelle le troisième secret aurait dû être révélé au monde. Une de ses lettres, datée du 7 août 1960, en témoigne : « Demain ou plus tard, j'irai à Coïmbre. Je ne pourrai pas parler avec sœur Lucie parce qu'elle est recluse. Par ordre du Saint-Office de Rome, elle ne peut communiquer avec personne. L'évêque juge qu'il n'a pas autorité pour laisser parler la sœur. » A son retour au Brésil, le Père Aparicio précisera à un correspondant : « Je n'ai pu parler avec sœur Lucie parce que Mgr l'archevêque ne pouvait pas donner la permission de la rencontrer. Les conditions d'isolement dans lesquelles elle se trouve ont été imposées par le Saint-Siège. Par conséquent, personne ne peut parler avec elle sans une licence de Rome. Mrg. l'archevêque n'a qu'un nombre très limité de ces licences. » (Lettre du 24 novembre 1960).
En 1962, Marie de Freitas, secrétaire internationale de l'Armée bleue, résidant à Fatima, écrivit dans "L'appel de Notre-Dame" n° 29, un article sous le titre : « Sœur Lucie... l'invisible » ! « De plus en plus, notait-elle, les visites à sœur Lucie restent interdites. » Et elle ajoutait : nombreux sont « les dignitaires de l'Église, convoqués à Rome pour le concile Vatican II, qui comptaient bien, en traversant Coïmbre, pouvoir s'entretenir un moment avec la voyante de Fatima... Impossible pourtant ».
Si le Saint-Siège avait pris de telles mesures, c'était certainement pour empêcher la voyante de renouveler à quiconque les déclarations qu'elle avait faites au Père Fuentes, sur troisième Secret.

La consécration de la Russie reste donc encore à faire pour obéir à notre Mère du Ciel. Malgré tout, nous serions insensés et nous pécherions par présomption si nous agissions comme si la promesse qui en découlera après la consécration faite par le pape, en union avec tous les évêques du monde, et dans le triomphe du Cœur Immaculé nous dispensait de tout effort pour la mériter. Lorsque la sainte Vierge demandait aux pastoureaux de revenir les treize du mois suivant, elle se devait d'être fidèle au rendez-vous puisqu'Elle ne mettait aucune condition à sa venue. Pareillement, lorsqu'Elle promettait le miracle du 13 octobre, Elle n'y mettait aucune condition. Sa fidélité à ces promesses inconditionnelles nous est simplement une garantie puissante qu'Elle nous obtiendra les grâces de conversion et de paix au moins dans la mesure où de notre côté nous tiendrons compte de ce qu'Elle nous demande.

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  CHRONOLOGIE  DE  LA  CONSÉCRATION  DE  LA  RUSSIE  
 

 

1917 ●  13 juillet : Notre-Dame dit aux enfants : « Pour empêcher cela [guerre, famine, persécutions contre l'Église et le Saint-Père], je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers Samedis du mois Voir Forum. »
1929 ●  13 juin : À Tuy (Espagne), Notre-Dame dit à Lucie que « le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé », et elle promet de la sauver par ce moyen.
1930/31 ●  Entre septembre 1930 et août 1931 : Le pape Pie XI a connaissance des demandes du Ciel. Il s'est cependant engagé depuis 1922 dans une politique d'ouverture à l'Est, et ne répond que par le silence aux demandes du Ciel. Il cesse même de faire allusion à Fatima à partir de ce moment.
1931 ●  13 mai : Les évêques du Portugal consacrent leur pays au Cœur Immaculé de Marie. Dès lors, le pays va connaître (jusqu'à la fin du gouvernement de Salazar en 1968) un renouveau religieux et politique miraculeux. Le Portugal devient ainsi « la vitrine de Notre-Dame », et le monde entier est témoin des grâces que le Ciel est prêt à accorder aux nations qui se consacreront au Cœur Immaculé de Marie.
●  Août : À Rianjo (Espagne), Notre Seigneur dit à sœur Lucie dans une communication intime : « Fais savoir à mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du Roi de France en retardant l'exécution de ma demande, qu'ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie. »
1932 ●  Le châtiment des hommes d'Église se met en place : cette année-là, le père de Lubac, futur inspirateur de Vatican II, élabore sa nouvelle théologie ; le père Congar commence à suivre des cours dans une faculté de théologie protestante ; le père Chenu est nommé recteur des études au Saulchoir ; Karl Rahner suit les cours d'Heidegger à Fribourg. L'année suivante, Maritain expose ses nouvelles idées politiques. C'est aussi à ce moment que Moscou donne des directives à tous les partis communistes pour qu'ils envoient des sujets dans les séminaires pour infiltrer l'Église et la miner de l'intérieur.
1935 ●  1er août : Notre Seigneur demande à une mystique portugaise, Alexandrina de Balasar [1904-1955] au diocèse de Braga, d'obtenir de Pie XI la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie. Le Ciel tente par là d'obtenir un acte moins grandiose que la consécration de la Russie, mais qui pourrait la préparer.
●  Le Père Pinho (Compagnie de Jésus), confesseur d'Alexandrina, écrit en vain à Pie XI à cet effet.
1936 ●  11 septembre : Le Père Pinho transmet la demande au cardinal Eugenio Pacelli.
1937 ●  La Secrétairerie d'État demande un complément d'information à l'archevêque de Braga qui s'adresse au confesseur d'Alexandrina.
●  19 mars : Éclairé par ses échecs dans le « triangle rouge de la terreur et du sang » (Russie, Mexique et Espagne), Pie XI écrit son encyclique Divini Redemptoris où il déclare le communisme "intrinsèquement pervers".
●  Fin mars : Mgr da Silva, évêque de Leiria, demande à Pie XI la consécration de la Russie. Silence de Rome.
1938 ●  Juin : Le Père Pinho (Compagnie de Jésus), prêche les Exercices spirituels aux évêques portugais à Fátima ; ceux-ci signent une lettre du Père Pinho demandant au Pape la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie. Silence de Pie XI, qui, selon le Père Wetter (Compagnie de Jésus), aurait remarqué : « S'il fallait que je fasse tout ce que me demandent les Religieuses, j'aurais beaucoup de travail... »
●  25-26 Juin : Réalisation de la prophétie faite par Notre-Dame le 13 juillet 1917 : une sorte d'aurore boréale couleur rouge-sang est aperçue cette nuit-là dans toute l'Europe, l'Afrique du Nord et l'Amérique du Nord, où elle cause stupéfaction et inquiétude. C'est le signe que la guerre qui va punir le monde est proche.
1939 ●  10 février : Mort de Pie XI.
●  Mgr Manuel Maria Ferreira da Silva conseille à Lucie d'écrire à Pie XII pour demander la consécration du monde avec mention spéciale de la Russie. Depuis, on n'arrive plus à sortir de la confusion !
●  Notre Seigneur dit à Lucie que la consécration du monde avec mention spéciale de la Russie par Sa Sainteté obtiendra que la guerre de 1939 soit abrégée. [N.-B. : L'objet de la demande et de la promesse de Notre Seigneur diffère de celui de Notre-Dame à Tuy, qui était la consécration de la Russie devant amener la conversion de cette dernière et la paix au monde.]
●  Mars (ou mai) : Notre Seigneur dit à Lucie : « Insiste de nouveau pour qu'on divulgue la communion réparatrice des premiers Samedis en l'honneur du Cœur Immaculé de Marie Voir Forum. Le moment approche où les rigueurs de ma justice vont punir les crimes de plusieurs nations. Quelques-unes seront anéanties. À la fin, les rigueurs de ma justice tomberont plus sévèrement sur ceux qui veulent détruire mon règne dans les âmes. »
1940 ●  avril : Le père Gonçalves, confesseur de sœur Lucie, transmet au pape Pie XII la demande de consécration de la Russie ; mais rien ne vient de Rome.
●  Octobre : Notre Seigneur accède aux désirs du confesseur de Lucie et demande la consécration du monde avec mention spéciale de la Russie promettant seulement d'abréger la guerre.
●  2 décembre :Lucie écrit à Pie XII au sujet de la consécration du monde avec mention spéciale de la Russie. Voici les passages essentiels :
« Humblement prosternée aux pieds de Votre Sainteté, je viens dernière brebis du troupeau confié à la garde de Votre Sainteté, pour lui ouvrir mon cœur filial par ordre de mon directeur spirituel.
« Je suis l'unique survivante des enfants auxquels Notre-Dame daigna apparaître à Fatima (Portugal) les jours 13 de mai à octobre 1917 [...]
« Je viens, Saint Père, renouveler une demande qui fut déjà diverses fois portée auprès de Votre Sainteté [...]
« La demande est de Nôtre-Seigneur et de notre bonne Mère du Ciel [...]
(Ici Sœur Lucie raconte l'apparition du 13 juillet 1917, puis celle de 1926 que nous venons de rappeler. Elle ajoute :)
« J'exposai la demande de Notre-Dame à mon confesseur, lequel s'occupa, par quelques démarches, à la faire réaliser ; mais seulement le 13 septembre 1939, Son Excellence Révérendissime Mgr l'Évêque de Leiria daigna rendre publique à Fatima cette demande de Notre-Dame. Je choisis ce moment, Très Saint Père, pour prier Votre Sainteté qu'elle daigne la bénir et étendre au monde entier cette dévotion. » « En 1929, par le moyen d'une autre apparition, Notre-Dame demanda la consécration de la Russie à son Cœur immaculé, promettant par ce moyen d'empêcher la propagation de ses erreurs et sa conversion.
« Cette communication se fit ainsi. J'avais obtenu de mes supérieures et de mon confesseur de faire l'heure sainte de onze heures à minuit, entre chaque jeudi et chaque vendredi.
« Une nuit, il y avait seulement la lumière de l'unique lampe du sanctuaire [...] Tout à coup une lumière surnaturelle illumina toute la chapelle et sur l'autel apparut une croix de lumière qui arrivait jusqu'au plafond. Dans une lumière encore plus claire, on voyait dans la partie supérieure de la croix un visage humain avec le corps jusqu'à la ceinture (le Père), sur la poitrine une colombe (l'Esprit-Saint), et, cloué sur la croix, le corps d'un autre homme (le Fils).
« Un peu en-dessous de la ceinture, on voyait, suspendus en l'air, un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui roulaient sur les joues du Crucifié et aussi d'une blessure de la poitrine.
« Sur le bras droit de la croix, il y avait Notre-Dame [...] (C'était Notre-Dame de Fatima avec son Cœur immaculé sur sa main gauche, sans épée ni rosés, mais avec une couronne d'épines et des flammes.) Sous le bras gauche de la croix, quelques lettres semblant faites d'eau cristalline, coulant au-dessus de l'autel, formaient ces mots : GRÂCE ET MISÉRICORDE.
« Je compris qu'il m'était montré le mystère de la Très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu'il ne m'est pas permis de révéler. Ensuite Notre-Dame me dit : « II est venu le moment auquel Dieu demande au Saint Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé, promettant de la sauver par ce moyen ».
« Passé quelque temps, je rendis compte au confesseur de la demande de Notre-Dame. Sa Révérence employa quelques moyens pour qu'elle se réalisât, agissant de manière qu'elle puisse arriver à la connaissance de Sa Sainteté Pie XI.
« En diverses communications intimes, Notre-Seigneur n'a pas cessé d'insister sur cette demande, promettant dernièrement que si Votre Sainteté daignait faire la consécration du Monde au Cœur immaculé de Marie, avec mention spéciale de la Russie et ordonner que, en union avec Votre Sainteté et en même temps, la fassent aussi tous les Évêques du monde d'abréger les jours de tribulation par lesquels Il a déterminé de punir les nations par la guerre, la famine et diverses persécutions contre la sainte Église et Votre Sainteté. [...]
« Avec le plus grand respect et révérence, j'implore la bénédiction apostolique.

Tuy (Espagne) , 2 décembre 1940. »
1941 ●  juillet : Alors qu'il avait conclu un pacte avec Hitler en 1939, précipitant le déclenchement de la guerre, Staline passe maintenant dans le camp des alliés. Cela va donner à la Russie une influence considérable dans le monde.
●  août : Sœur Lucie reçoit l'inspiration divine de faire connaître publiquement les deux premières parties du grand secret du 13 juillet 1917 afin d'avertir le monde du danger qui le menace.
●  septembre : Sur pression de Roosevelt qui voulait s'engager dans la guerre aux côtés de l'Angleterre et aussi de Staline, Pie XII accepte que la hiérarchie catholique se taise sur la perversité intrinsèque du communisme ; mais il n'en refuse pas moins énergiquement toute ombre de collaboration avec Moscou.
1942 ●  Au courant de l'année : Selon Mgr. Roche, Mgr. Montini (futur Paul VI) passe un accord secret avec Staline sans en informer le pape Pie XII.
●  6 septembre : Dans une lettre au père Gonçalves, sœur Lucie écrit que, lors de leur retraite à Fatima, les évêques portugais ont envoyé à Rome une supplique pour que le monde soit consacré au Cœur Immaculé de Marie.
●  31 octobre : Pie XII accomplit cette consécration du monde en portugais, mais sans l'union avec tous les évêques du monde que demande Notre-Dame Voir Forum.
●  3 novembre : Rommel est battu à El-Alamein ; Montgomery le poursuit sur mille km jusqu'en Tunisie.
●  8 novembre : Les Américains débarquent en Afrique du Nord.
●  8 décembre : Pie XII renouvelle la consécration en italien.
●  Lucie fait savoir que la consécration n'est pas faite, et multiplie les instances.
1943 ●  2 février : La sixième armée allemande du maréchal von Paulus capitule à Stalingrad ; Churchill prononce le discours fameux : La roue du destin a tourné.
1944 ●  4 mai : Pour rappeler le souvenir de la consécration de 1942, le pape Pie XII fixe la fête du Cœur Immaculé de Marie au 22 août, au rang de fête de deuxième classe.
1945 ●  4-11 février : A la conférence de Yalta, Roosevelt livre à Staline toute l'Europe centrale et orientale ; puis il lui abandonnera d'immenses régions d'Extrême-Orient, préparant l'invasion de l'Asie par le communisme.
●  mai : Le père jésuite belge Edouard Dhanis prétend qu'il est moralement impossible de consacrer la Russie en raison des réactions que cela susciterait.
1946 ●  15 juillet : Lucie répond à une question de William T. Walsh : Notre-Dame n'a pas demandé la consécration du monde mais seulement et nommément celle de la Russie. C'est à cette promesse que Notre-Dame a attaché la conversion de la Russie et la paix.
1947 ●  13 mai : Une statue de Notre-Dame de Fatima est portée triomphalement depuis la Cova da Iria jusqu'au congrès marial de Maastricht aux Pays-Bas. C'est le début de la « route marial » au cours de laquelle la Vierge pèlerine parcourra les cinq continents, y produisant de nombreuses conversions et attirant les non catholiques. Pendant cinq ans, le monde entier va être témoin de la puissance du Cœur Immaculé de Marie.
●  octobre : A la suite d'un long entretien avec sœur Lucie, l'abbé Colgan et John Haffert fondent l'Armée Bleue. Le but est de faire vivre le message de Fatima aux fidèles au jour le jour, et de travailler pour obtenir la consécration de la Russie. L'Armée Bleue se répandra rapidement dans 110 pays.
●  8-14 octobre : La très sainte Vierge empêche un coup d'état soviéto-communiste en France en apparaissant à quatre petites filles à l'Ile-Bouchard.
1949 ●   Le père Dhanis est nommé professeur à l'Université Grégorienne à Rome. Son influence ne va cesser de grandir bien que sa thèse ait été magistralement réfutée par le père da Fonseca.
1950 ●   Le châtiment de Dieu sur les hommes d'Église se poursuit : les années 1950-1953 voient une montée alarmante du progressisme dans l'Église, avec des soutiens puissants.
●  6 juin : Mgr. Roncalli (futur Jean XXIII), alors nonce apostolique à Paris, écrit à Marc Sangnier, une lettre qui réhabilite le fondateur du Sillon (reproduite dans "Itinéraires", nov.1980, p.152-153). Cette lettre circule dans les milieux politiques français.
●  8 septembre : Dans un entretien avec le philosophe Jean Guitton, Mgr. Montini (futur Paul VI) relativise beaucoup les condamnations de l'encyclique Humani generis, pour rassurer les théologiens français visés par l'encyclique (voir "Toute la vérité sur Fatima", éd. 1986, tome III, p. 234).
●   Sur le front politique, c'est le début de la décolonisation, livrant au communisme d'immenses territoires où l'Église perd son influence missionnaire et civilisatrice.
●  30 octobre - 8 novembre : Dans les jours encadrant la définition solennelle du dogme de l'Assomption, le pape Pie XII voit se renouveler pour lui seul, dans les jardins du Vatican, le miracle du soleil du 13 octobre 1917.
1952 ●  mai : Notre-Dame apparaît de nouveau à sœur Lucie pour dire qu'elle attend toujours la consécration de la Russie.
●  7 juillet : Pie XII, par la Lettre Apostolique "Sacro Vergente Anno", « consacre et voue d'une manière très spéciale tous les peuples de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. » La Russie est nommée dans le texte, mais il n'y a eu aucune cérémonie publique et solennelle et les évêques du monde entier n'ont pas été appelés à s'y unir. Au cours de l'été, sœur Lucie écrit à propos de cette consécration : « Je suis peinée qu'elle n'ait pas été faite comme Notre-Dame l'avait demandé ». A partir de ce moment, Pie XII parle de moins en moins de Fatima et ordonne que les visites à sœur Lucie soient restreintes.
●  Selon le Père Joseph de Sainte-Marie : jusqu'en 1982, c'est pratiquement le silence sur Fátima. C'est l'époque de la détente !
1953 ●  29 août au 1 septembre : A Syracuse en Sicile, une statue de plâtre du Cœur Immaculé de Marie se met à pleurer et à opérer de nombreux miracles qui bouleversent le monde entier. Pie XII, apparemment, ne fait pas le lien avec Fatima.
1954 ●  automne : Le pape Pie XII découvre avec stupéfaction et douleur la trahison de Mgr. Montini (futur pape Paul VI), substitut à la secrétarie d'Etat, qui continuait ses relations secrètes avec le Kremlin. Il l'éloigne de Rome en le nommant archevêque de Milan, mais sans le créer cardinal.
1957 ●  26 décembre : Sœur Lucie dit au Père Fuentes que plusieurs nations disparaissent et que nombre d'âmes vont en enfer parce qu'on fait peu de cas du Message de Notre-Dame de Fatima.
1958 ●  9 octobre : Mort du pape Pie XII. Des papes à l'esprit libéral et moderniste accèdent au siège de Pierre. Plus que jamais allait se réaliser l'avertissement de Notre-Seigneur : « Fais savoir à mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du roi de France en retardant l'exécution de ma demande, qu'ils le suivront dans le malheur » (Notre Seigneur à sœur Lucie, en août 1931). L'Église entre dans une crise qui n'a connu aucun précédent dans toute l'histoire ; c'est le châtiment de sa hiérarchie. Imbus des idées modernes, les nouveaux papes ne peuvent qu'être très mal à l'aise avec le message authentiquement catholique de la Vierge Marie à Fatima.
1959 ●  septembre : Lorsque la Vierge pèlerine arrive triomphalement à Rome, Jean XXIII manifeste une indifférence glaciale. Cette même année, il prend des mesures pour qu'il ne soit plus possible de voir sœur Lucie sans une licence de Rome. — Il ne sera jamais question de la consécration de la Russie pendant ce pontificat.
1960 ●  12-13 octobre : A l'initiative de Mgr. Venancio, évêque de Leira-Fatima, un pèlerinage de prière et de pénitence est organisé à la Cova da Iria en réparation pour les offenses envers les saints cœurs de Jésus et de Marie, et pour obtenir du Ciel une vraie paix par la conversion de la Russie. Le cardinal Cerejeira est présent ainsi que des milliers de pèlerins. Les évêques du monde entier ont été invités à s'y joindre dans leurs diocèses. Plusieurs centaines répondront, mais Jean XXIII restera réservé. Le pèlerinage se déroule au milieu d'une tempête de vent et d'averses violentes. — Le résultat ne se fait pas attendre : alors que nous sommes à l'un des sommets de la guerre froide et que Khrouchtchev se montre de plus en plus arrogant et menaçant, ce mois d'octobre voit des échecs catastrophiques dans les expérimentations aérospatiales et nucléaires des soviétiques. Le 12 octobre, à l'O.N.U., Khrouchtchev se déchausse pour taper sur son pupitre avec sa chaussure, car il vient d'apprendre que le lancement de la première sonde sur Mars a été un fiasco. Le 24 octobre, sur la base de Baïkonour, un missile R-16, dernier cri de l'armement stratégique russe, explose au cours d'une démonstration, tuant le maréchal Nédéline (commandant en chef des unités de fusées soviétiques et vice-ministre de la Défense) et 164 militaires.
1962 ●  Pour obtenir l'envoi de deux représentants de l'Église orthodoxe russe au concile Vatican II, Jean XXIII, par l'intermédiaire de Mgr. Willebrands et du cardinal Tisserant, négocie avec Khrouchtchev et s'engage à ce que le concile Vatican II ne condamne pas le communisme. Rome inaugure une politique radicalement opposée aux demandes de Notre-Dame de Fatima. Khrouchtchev n'en continue pas moins ses persécutions contre l'Église.
1963 ●  6 juin : Mgr. Montini devient pape sous le nom de Paul VI. Le Saint-Siège fait parvenir aux évêques français et supérieurs majeurs des religieux résidants en France une note du cardinal Wyszinski les mettant en garde contre les activités du mouvement Pax qui n'est qu'une courroie de transmission de Moscou pour noyauter et asservir l'Église (voir L'affaire Pax en France, supplément au n°86 de la revue Itinéraire (3ème trimestre 1964).
●  29 octobre : Pour des raisons œucuméniques, le concile Vatican II refuse de faire un schéma particulier sur la sainte Vierge Marie. L'abbé Berto écrit : « La sainte Vierge encombrait le Concile. [...] Elle est sortie discrètement [...] et les destins de la deuxième session ont été scellés. [...] Pendant ce temps-là, l'Esprit-Saint [...] attend dans le paradis. (voir Sel de la terre n°43, p.29-30). Pas un seul passage de ce concile « pastoral » ne fera même allusion à la récitation du chapelet pour l'encourager parmi les fidèles. Cette même année 1963, Paul VI nomme le père Dhanis recteur de l'Université grégorienne à Rome.
1964 ●  3 février : Mgr. de Proença Sigaud remet personnellement au pape Paul VI une requête signée de 510 évêques de 78 nations demandant que le Concile renouvelle la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie avec une mention spéciale de la Russie.
●  21 novembre : Paul VI consacre le genre humain au Cœur Immaculé de Marie à la fin de la 3ème Session du IIème Concile du Vatican mais sans mentionner la Russie. Il s'agit là que d'un discours et non d'une cérémonie solennelle comme le veut la sainte Vierge. Des accords secrets [1942 et 1962] demandaient que l'on ménagea la Russie pour que les observateurs russes et les évêques des pays de l'Est pussent rester au Concile.
1965 ●  octobre : Mgr. Lefebvre porte au secrétariat du Concile une supplique signée de 450 évêques, et demandant la condamnation du communisme. La pétition disparaît dans un tiroir, le Vatican s'étant engagé à ne pas condamner le communisme.
1966 ●   Mgr. Venancio charge le père Alonso, clarétain, d'établir une histoire critique complète des apparitions de Fatima pour défendre le message contre ses opposants, spécialement contre le père Dhanis.
1967 ●  Sœur Lucie publie ses MÉMOIRES où elle révèle les demandes de 1929 de la consécration de la Russie.
●  Une vaste campagne de pression sollicite du Pape cette consécration de la Russie.
●  13 mai : Pour le cinquantenaire des apparitions, Paul VI fait un voyage-éclair à Fatima. Dans Signum magnum, il exhorte simplement les fidèles à renouveler personnellement leur consécration au Cœur de Marie. Il ne va pas prier à la Capelinha, et fait un sermon où il exhorte l'humanité à travailler pour la paix, sans aucune allusion au message de Notre-Dame. Il confie plus tard à Jean Guitton que ce voyage lui a été une pénitence. — Les idées de Paul VI sont en effet bien loin du message de Fatima. C'est à cette époque qu'il inaugure officiellement son Ostpolitik avec les gouvernements communistes de l'Est de l'Europe. Le maître d'œuvre en est Mgr. Casaroli.
Mgr Hnilica surprend sœur Lucie dans la basilique de la Cova da Iria : agenouillée auprès de la tombe de Jacinthe, elle pleure. Paul VI, le matin de ce 13 mai, refuse de converser avec elle.
1969 ●   Dans sa réforme liturgique, Paul VI fait descendre la fête du Cœur Immaculé de Marie au rang de simple mémoire.
1973/75 ●   A la conférence d'Helsinki, la délégation vaticane obtient la reconnaissance explicite de la liberté religieuse dans les pays de l'Est. — « En réalité, déclare Mgr. Hnilica, la situation des catholiques ne fait qu'empirer dans les pays communistes. Les évêques concédés à l'Église catholique sont les instruments du parti. »
1978 ●  26 août : Mgr. Luciani est élu pape sous le nom de Jean-Paul Ier. Ayant rencontré longuement sœur Lucie en 1977 lorsqu'il était archevêque de Venise, il confia à l'un de ses conseillers qu'il voulait consacrer la Russie selon les demandes de Notre-Dame de Fatima. De fait, son très court pontificat (33 jours) ne lui laissa pas le temps de faire quoi que ce soit. Il n'est pas certain qu'il aurait eu le courage et les convictions nécessaires pour faire un tel acte, étant lui-même acquis aux erreurs de Vatican II.
●   Jean-Paul Ier reçoit Mgr. Nikodim, métropolite schismatique de Leningrad, qui meurt subitement au cours de l'audience, après, semble-t-il, s'être converti. Le 22 mai 1975, il avait fait un pèlerinage privé à Fatima. Rien ne permet de confirmer l'idée avancée par Vladimir Volkoff dans son roman L'Hôte du pape (2004) selon lequel cet entretien aurait été centré sur Fatima car le pape a voulu garder secret les propos échangés avec Mgr. Nikodim.
●   16 octobre : Élection du pape Jean-Paul II qui continue immédiatement l'Ostpolitik de Paul VI.
1980 ●  Après trois ans seulement d'une vaste campagne, le cardinal Josef Slipyl apporte au Vatican trois millions de signatures demandant la consécration de la Russie.
●  Mgr Hnilica, au cours d'un repas en présence du cardinal Wyszynski, déclare à Jean-Paul II que la chose la plus importante qu'il avait à faire durant son pontificat, c'était la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie en union avec tous les évêques. Réponse du Pape : « une telle consécration serait considérée par les Russes comme une ingérence dans leurs affaires intérieures et cela aurait des conséquences politiques. La juridiction du Pape n'englobe que l'Église catholique; le Pape n'est pas le Pape de tous les hommes... »
●  A. Marenches prévient le Vatican que le KGB (= police secrète en Union soviétique) ourdit un attentat contre le pape.
1981 ●  13 mai : Attentat contre Jean-Paul II place Saint-Pierre. Le Saint-Père, à l'hôpital Gemelli, se fait lire les écrits de sœur Lucie. Le 7 juin il remet « toute la famille humaine » entre les mains de la « Mère des hommes et des peuples ».
●  Pentecôte : Jean-Paul II se relève, mal guéri, pour accueillir les représentants des divers épiscopats. Il fait allusion à la consécration de la Russie.
●  18 novembre : Les Évêques américains, lors de leur Conférence annuelle, s'entendent pour présenter au Saint-Père une demande de la consécration collégiale du monde et de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.
●  8 décembre : Autre allusion de Jean-Paul II à la consécration de la Russie.
1982 ●  Mars : Le Vatican cherche à savoir ce que Jean-Paul II doit faire lors de son voyage au Portugal.
●  21 mars : A la suite d'une intervention de l'abbé Caillon, le Nonce de Lisbonne Mgr. Sante Portalupi, rend visite à sœur Lucie, qui lui dit que la Russie n'a toujours pas été consacrée et lui explique très bien ce qu'il fallait faire, mais le texte envoyé au Vatican dit seulement que chaque évêque doit s'unir spirituellement au Pape.
●  9 mai : Mme Pestana, à Porto, déclare à l'abbé Pierre Caillon : « N'attendez pas pour demain la consécration de la Russie; l'épiscopat mondial n'est pas prêt. »
●  13 mai : Jean-Paul II est à Fatima où il s'entretient avec sœur Lucie pendant 25 minutes. Puis il prononce son acte d'offrande ou consécration du monde dans les mêmes termes qu'en juin 1981. Sœur Lucie fait aussitôt savoir au nonce que ce n'est pas ce que la sainte Vierge demande : la consécration de la seule Russie, en union avec tous les évêques du monde.
●  Depuis, les propos de Mme Poltavska et de John Haffert égarent l'opinion. Et Lucie n'a pas le droit de parler des événements de Fátima sans la permission du Saint-Siège.
●  14 mai : Sœur Lucie affirme à Mgr Hnilica, qu'accompagnent don Luigi Bianchi et Mme Wanda Poltavska : « Il reste beaucoup à faire... Ne chancelez pas. »
●  19 mai : Jean-Paul II, expliquant pourquoi il n'a pas nommément consacré la Russie, affirme qu'il a fait tout ce qu'il pouvait dans les circonstances.
●  Juillet-août : La revue Soul, de la section américaine de l'Armée bleue, publie une soi-disant entrevue où sœur Lucie aurait dit que le Pape avait fait la consécration de la Russie un mois plus tôt. Le combat de l'Armée Bleue n'a désormais plus lieu d'être. Elle adopte peu à peu les thèses modernistes sur Fatima et prend pour nouveau nom « L'Apostolat Mondial de Fatima ».
●  11 août : Sœur Lucie dit à sa petite cousine Maria do Fetal Neves Rosa : « La consécration de la Russie, n'est pas faite telle que Notre-Dame l'a demandée ». Ce qu'elle répète en privé à ses parents et amis.
●  Au Père Joseph de Sainte-Marie, qui lui demande de le dire publiquement, Lucie répond qu'elle ne le peut sans la permission du Vatican.
1983 ●  19 mars : Le nonce Portalupi, qu'accompagnent le Dr Lacerda et le Père Messias Dias Coelho, visite à nouveau, à la demande du Saint-Père, Lucie qui explique encore que la consécration de la Russie n'est pas faite comme Notre-Dame l'a demandée.
●  25 mars : Mgr Portalupi tombe malade et meurt six jours plus tard.
●  De mai à octobre : L'abbé Caillon et le Frère Gruner publient des articles où ils éventent l'histoire de l'entrevue frauduleuse qu'a publiée la revue Soul de juillet-août 1982.
●  8 Juin : Place St-Pierre à Rome. 9 heures. Grâce à l'abbé Wach, l'Abbé Caillon, Frédéric et Micheline M. prennent place au premier rang sur le passage de Jean-Paul II. Enfin, après trois ou quatre heures d'attente, de soleil, de discours, les voilà en face du Saint-Père. L'Abbé Caillon d'abord lui tend la main et lui présente sa récente brochure sur la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Il ose :
— « Très Saint Père, quand comptez-vous faire la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie ? »
— « C'est fait, c'est fait. On recommence toujours. », répond le Pape.
— « Puis-je me permettre, Très Saint Père, de vous offrir cette petite brochure que j'ai faite... »
Pas de réponse, mais un refus catégorique de la main. C'est à Frédéric de lui serrer la main en même temps que des dizaines d'autres qui passaient par-dessus nos têtes. Micheline arrive enfin à émerger aussitôt après sans tendre la main d'ailleurs et à crier presque :
— « Très Saint Père, quand ferez-vous la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie ? »
Même réponse à peu de chose près : — « C'est déjà fait. On recommence toujours. »
Micheline, insatisfaite : — « Non, non, ce n'est pas fait comme Lucie l'a dit. Il faut que vous sauviez tous nos enfants de la guerre. »
Pas de réponse mais un sourire crispé, mécontent qu'on l'importune ainsi à propos de Fátima, alors que tous pleuraient, balbutiaient des mots incompréhensibles, l'acclamaient, lui baisaient la main. Le photographe officiel a eu le temps de prendre neuf fois la scène.
●  16 octobre : Le Saint-Père, profitant de la présence à Rome d'une délégation de chaque épiscopat venu au Synode, relit la formule d'acte d'offrande qu'il avait lue à Fátima.
●  20 octobre : Mgr Beltriti, patriarche latin de Jérusalem, présente aux évêques un texte expliquant que ni la consécration faite par le Pape le 13 mai 1982, ni celle qu'il a répétée sur la place Saint-Pierre le 16 octobre 1983 ne pouvait obtenir la conversion de la Russie.
●  L'abbé René Laurentin commence à propager la thèse que Paul VI et Jean-Paul II, et avant eux Pie XII, ont obéi à la voyante Lucie, en consacrant solennellement le monde et la Russie au Cœur Immaculé de Marie.
●  8 décembre : Lettre du Pape demandant à tous les évêques de relire, chacun dans son diocèse, la même formule utilisée à Fátima. Lettre morte...
1984 ●  14 février : Mgr Alberto do Amaral confie au frère Michel de la Sainte Trinité que le Pape accomplira une nouvelle consécration le 25 mars; ce sera un nouveau pas en avant...
●  18 février : Jean-Paul II rend publique sa Lettre du 8 décembre 1983 aux évêques du monde entier.
●  22 mars : L'abbé Laurentin, sans faire la moindre allusion aux révélations de Fátima, présente aux lecteurs du Figaro la consécration que le Pape accomplira le 25 mars.
●  Sœur Lucie déclare à Mme Pestana de Vasconcelos Costa : Cette consécration [l'acte du 25 mars 1984] ne peut avoir un caractère décisif. La Russie n'apparaît pas nettement comme étant le seul objet de la consécration.
●  25 mars : Devant 250 000 personnes, Jean-Paul II refait à Rome la consécration du monde à la « Mère des hommes et des peuples », sans aucune mention à la Russie. Le matin même, il avait déclaré qu'il ne voulait rien faire de plus que ce que ses prédécesseurs avaient fait ; et le soir, dans une prière à Marie, il dit : « Tu attends toi-même notre acte de consécration. ».
●  25 mars : Maria do Fetal Neves Rosa rend visite à sa « tante » Lucie qui lui aurait dit : « Aujourd'hui est un grand jour ».
●  26 mars : L'Osservatore Romano rapporte les mots exacts du Pape lors de sa consécration du monde. Le Pape, délaissant son texte, demande à Notre-Dame de Fatima d'éclairer spécialement ces peuples, « dont Vous attendez de nous la consécration ».
●  27 mars : Selon Avvenire, le journal des Évêques d'Italie, le Saint-Père après avoir consacré le monde, demanda à Notre-Dame de bénir ces peuples « pour lesquels Vous attendez notre acte de consécration ».
●  6 avril : Le pape Jean-Paul II annonce la rencontre projetée de prières pour la paix à Assise le 27 octobre.
●  1er août : Jean-Paul II déclare à l'abbé Caillon à Rome : « Maintenant, c'est inutile, puisque la consécration est faite... On ne peut pas consacrer la Russie à part. Nous avons consacré toutes les nations et nous avons ajouté une mention spéciale de la nation dont Notre-Dame attendait la consécration ».
●  Automne : L'abbé Caillon avertit Mme Pestana que le Pape prétend que la consécration est faite. Réaction de cette amie de vieille date de sœur Lucie : « Vous savez, si le Pape le dit, alors il faut être prudent... »
●  Le Père Dias Messias Coelho, expert portugais de Fátima, affirme publiquement que la consécration n'est pas encore faite, position qu'il maintiendra fermement jusqu'au printemps 1985.
1985 ●  Juillet : L'Armée bleue de Notre-Dame de Fatima doit se saborder. La revue L'Armée bleue, section française, change de titre.
●  Automne : À Rome, les cardinaux Ratzinger et Sin ainsi que Mgr Luna, ofm, préparent un symposium théologique qui aura lieu à Fátima en septembre 1986. Ils se disent préoccupés de donner à l'Armée bleue une dévotion bien équilibrée.
●  Septembre : Publication d'une entrevue de sœur Lucie avec des amis de la section espagnole de l'Apostolat Mondial de Fatima (revue Sol de Fatima); elle affirme que la consécration de la Russie n'est pas encore faite, puisque la Russie n'y est pas clairement mentionnée et que les Évêques n'y ont pas pleinement participé.
●  Octobre : Mgr Salvatore Asta, nouveau nonce à Lisbonne, répond à l'abbé Caillon qui lui suggérait de rendre visite à sœur Lucie pour l'interroger sur les volontés du Ciel : « La sainte Église a le temps devant elle ».
●  Novembre : L'abbé Caillon demande au cardinal Ratzinger : — « Savez-vous que la consécration de la Russie n'est pas faite ? »
— « Mais si, de protester le cardinal, elle est faite. Nous nous sommes adressés aux meilleurs experts. »
— « Ces meilleurs experts, qui sont-ils ? », demande l'abbé Caillon.
— « C'est couvert par le secret du Saint-Office ! ... », répond le prélat.
●  22 novembre : Quand l'Abbé Caillon suggère au cardinal Oddi qu'il faudrait que le nonce de Lisbonne retourne voir sœur Lucie, il s'entend dire : « Surtout ne parlez pas de ça au Vatican; ils téléphoneraient aussitôt au nonce pour lui interdire d'aller voir Lucie ».
●  Le cardinal Gagnon affirme à l'abbé Pierre Caillon que la consécration de la Russie n'est pas encore faite.
1986 ●  Février : Mgr Luciano Guerra, directeur de Voz da Fátima, écrit : « Pour nous qui écrivons à Fátima, Gorbachev est l'homme choisi par Dieu pour faire le premier pas vers la réalisation de la prophétie de Marie en ce lieu sacré ».
●  Été : Soul, organe de la section USA de l'Armée bleue, s'en prend à The Fátima Crusader de Frère Nicholas Gruner qui diffuse le message intégral de Notre-Dame de Fatima.
●  20 Juillet : Le journaliste Enrico Romero interroge sœur Lucie qui, à l'occasion d'une sortie pour motif de votation, répond brièvement : « La consécration de la Russie n'est pas encore faite ! »
●  Début septembre : Le cardinal Édouard Gagnon demande au Pape la permission de passer quelques jours au Portugal.
— « Pourquoi ? » demande le Pape.
— « Pour voir Sœur Lucie. », répond le cardinal.
— « Ah ! non. Ce n'est pas la peine... La consécration, c'est fait, c'est fini. On a fait tout ce qu'il y avait à faire. »
●  12 septembre : Mme Pestana, à Porto, martèle à l'abbé Caillon : « Si vous le voulez, je puis vous le jurer la main sur l'Évangile : La consécration de la Russie n'est pas faite. Lucie dit donc toujours NON ! »
●  14 - 19 septembre : Un important symposium réunit à Fátima un nombre restreint de théologiens; les experts portugais y brillent par leur absence; l'abbé Caillon est refoulé hors de locaux de l'Armée bleue. Le chanoine René Laurentin et le Père Fernandez, clarétin, sont les principaux conférenciers. Laurentin doit annoncer et démontrer que les papes ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour réaliser la demande de la Vierge. L'argument péremptoire : la Russie est en train de se convertir !
●  18 septembre : Maria do Fetal Neves Rosa déclare à l'abbé Laurentin : « La consécration de la Russie n'est pas faite. Il faudra qu'un jour la Russie apparaisse nettement comme étant l'unique objet de la consécration et qu'aucun fatras diplomatique ne vienne masquer qu'il s'agit de la Russie. Cela, je puis le dire, puisque Lucie le répète à tout le monde ». Et Maria maintiendra fermement cette position jusqu'en juillet 1989.
●  22 septembre : Jean-Paul II, recevant à Rome les membres du symposium de Fátima, évoque les précédents actes de consécration sans faire allusion aux demandes de Notre-Dame de Fatima, ni à la Russie, ni à une quelconque consécration qu'il resterait à faire. Il parle de réparation sans mentionner la dévotion réparatrice des cinq premiers Samedis du mois Voir Forum.
●  Octobre : Le frère Michel de la Sainte Trinité (CRC) a en sa possession le rapport dactylographié de Laurentin sur Les Cœurs de Jésus et de Marie selon le magistère. Ce rapport ne saurait justifier le refus, de jour en jour plus lourd, que nos Pasteurs opposent aux demandes du Ciel.
●  27 octobre : Invités par Jean-Paul II, des fidèles de toutes croyances se rencontrent à Assise pour prier pour la paix du monde, ce qui est diamétralement opposé à ce que la Reine du Ciel avait demandé à Fatima. La paix du monde ne peut venir que par la consécration de la Russie.
1987 ●  Mars : Dans Chrétiens-Magazine, Laurentin excuse le Pape et affirme que les hésitations et les variantes de Lucie font question; en quoi, il ressuscite la thèse du Père Dhanis, sj, contre la crédibilité de sœur Lucie. À noter qu'une seule des trois pages de l'article de Laurentin ne renferme pas moins de dix erreurs grossières !
●  Mars : L'abbé Messias Dias Coelho certifie à l'abbé Caillon que la consécration de la Russie n'avait jamais été faite comme l'avait demandé Notre-Dame.
●  Avril : Frère Leonard expose le faux du magazine Soul en 1982 et la désinformation subséquente concernant la consécration que Notre-Dame a demandée.
●  18 avril : Le cardinal Gagnon affirme à l'abbé Caillon sa ferme conviction que la consécration de la Russie n'est pas faite. Mais ce n'est pas facile d'aborder le Saint-Père...
●  L'abbé Caillon, devenu à la même époque, président national de l'Apostolat mondial de Fátima, se présente au Pape :
— « Très Saint Père, je suis l'abbé Caillon... Ne pourriez-vous pas consacrer la Russie au Cœur Immaculé durant l'année mariale ? Ce sera l'année du millénaire du baptême de la Russie. »
— « J'ai déjà consacré la Russie trois fois ! », s'exclame le Pape en s'éloignant. Puis, revenant sur ses pas, et prenant les mains de l'abbé Caillon dans les siennes, il lui glisse à l'oreille :
« Priez pour la Russie comme je prie pour la Russie ».
●  25 avril : Sœur Lucie répond toujours NON à la question de savoir si la consécration est faite, mais se tait par respect pour le Saint-Père quand on mentionne que le Pape croit qu'elle est faite.
●  19 mai : Laurentin avoue publiquement que Lucie est insatisfaite... « C'est une énorme question. ... Je pense que le Pape reste préoccupé des réticences de Lucie... Il faut prier pour que le Pape trouve toutes les lumières... C'est peut-être dommage que Fátima soit un signe de contradiction... C'est une certaine difficulté pour moi d'entrer dans ce message de Fátima... »
●  20 juillet : rapidement interrogée hors du couvent, alors qu'elle va voter, sœur Lucie confirme au journaliste Enrico Romero que la consécration de la Russie n'a pas été faite.
●  Été : Le cardinal Gagnon, au cours d'un repas avec le Pape, reparle devant toute la tablée de la consécration de la Russie. Le Pape élude la question. On a l'impression, remarque le cardinal, que le Pape veut rester maître de la manœuvre. Il ne veut pas que l'on prenne sa place dans le gouvernement de l'Église.
●  22 août : La crise dans l'Église ne cessant de s'aggraver en châtiment de la désobéissance de la hiérarchie, Mgr. Lefebvre se rend en pèlerinage à Fatima avec ses principaux collaborateurs. Après le saint Sacrifice de la Messe célébré devant 2000 fidèles, le fondateur de la Fraternité Saint Pie X lit un texte de consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. (voir Sel de la terre n° 53, été 2005).
●  25 octobre : Lors d'une audience avec douze chefs catholiques, le cardinal Meyer reconnaît publiquement que la consécration n'a pas été faite selon les demandes de Notre-Dame.
●  12 novembre : L'abbé Caillon déjeune avec Mgr Séjourné, de la Secrétairerie d'État : « Le Pape est amusé de vous voir lui faire parvenir par divers canaux les textes concernant la consécration de la Russie qu'il possède maintenant en un grand nombre d'exemplaires ».
●  Un Accord Rome-Moscou serait lancé par un nouveau pèlerinage du Pape à Fátima, augure l'abbé R. Laurentin.
●  À la fin de 1987 ou au début de 1988, tout se passe comme si une consigne était venue de Rome obligeant à dire et à penser : La consécration est faite. Le Pape ayant fait tout ce qu'il pouvait, le Ciel a daigné agréer son geste.
1988 ●  15 avril : Le cardinal Gagnon écrit à Frère Gruner et nie avoir affirmé publiquement que les demandes de Notre-Dame de Fatima n'avaient pas encore été honorées par le Pape; mais il ne contredit pas explicitement les termes de son entrevue avec l'abbé Caillon.
●  13 mai : Le message du cardinal Dadaglio, l'envoyé du Pape à Fátima, travestit le message de la Vierge par sa prédication du Masdu (Église = Mouvement d'animation spirituelle de la démocratie universelle) et de la Perestoïka.
●  Le cardinal Dadaglio s'entretient à Coïmbre avec sœur Lucie. Dans le temps, rien ne transpire de cette entrevue.
●  Printemps : Le Pape est convaincu qu'il a fait tout ce qu'il pouvait. Et surtout, il ne veut plus entendre parler de cette affaire. Selon les propres termes du cardinal Gagnon : Le Pape s'est aventuré dans cette affaire à l'aveuglette. Il aurait honte, maintenant, de se déjuger à la face de l'univers.
●  17 mai : L'abbé Caillon affirme : « Il semble bien qu'on fasse pression sur sœur Lucie... En tout cas, le Pape et Lucie s'écrivent... Ce qui est sûr, c'est que la consécration de la Russie n'est pas faite et qu'elle se fera en des temps meilleurs... »
1989 ●  Janvier : Complot au Vatican ? où les meilleurs soutiennent que la consécration a été faite dans les règles et que d'ailleurs la grande offensive de paix de Gorbachev en est l'effet tangible.
●  Sœur Lucie a reçu l'ordre de ne plus parler de la consécration.
●  Le Père de Solages, dans La Croix du Tarn : « J'ai appris au mois de septembre que le cardinal Dadaglio, président du Comité central de l'Année sainte, avait été voir Lucie à Coïmbre pour lui demander si le mouvement actuel (les changements survenant en Russie) était en rapport avec la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. La réponse a été affirmative. »
●  Le Père Laurentin, dans Chrétiens-Magazine, s'empresse de jeter cette nouvelle en pâture au grand public.
●  Plus de 350 évêques répondent à une lettre du père Nicholas Grüner, et l'assurent de leur volonté de consacrer la Russie conjointement avec le Pape tel que demandé par Notre-Dame de Fatima.
●  Depuis 1980 : Le Vatican a reçu plus d'un million de signatures demandant que le Pape et les évêques consacrent la Russie au Cœur Immaculé de Marie.
●  Février : Mgr Luciano Guerra écrit dans Voz da Fátima : « tout est lié au secret de Fátima, dont l'étendue nous semble atteindre les dimensions de la planète. »
●  Avril : Mgr do Amaral ne se rend au Congrès international de l'Apostolat mondial de Fátima que pour y lire un discours recommandant la dévotion envers le Saint-Père, la prière à son intention et l'obéissance aveugle à son magistère. Qui n'est pas avec le Pape n'est pas avec l'Église ni avec Jésus-Christ...
●  Mgr Luciano Guerra, directeur du Sanctuaire, adresse aux congressistes la même monition.
●  L'assemblée se sépare après avoir affirmé sa résolution unanime d'une adhésion pleine et entière au Pape et à l'évêque de Leiria-Fátima comme gardien du message de Fátima.
●  L'abbé Messias Dias Coelho dans son Messagem de Fátima soutient maintenant que la consécration réclamée par la Mère de Dieu à Fátima et à Tuy était déjà faite... Et il ajoute : « C'est l'opinion autorisée du Saint-Siège mais aussi de la juridiction ecclésiastique directement en relation avec les apparitions à la Cova da Iria et aussi avec sœur Lucie. »
●  Printemps : Mme Pestana ne se fait plus l'écho de Lucie.
●  Mai : Le cardinal Law, archevêque de Boston, s'entretient au carmel de Coïmbre avec sœur Lucie qui lui déclare : « La consécration de la Russie n'est pas faite comme le veut Notre-Dame ». C'est (semble-t-il) la dernière fois que sœur Lucie affirme que la Russie n'a pas été consacrée comme la sainte Vierge l'a demandé.
●  Juin : Maria do Fetal témoigne que sœur Lucie reste toujours ferme, inébranlable dans sa conviction malgré les souhaits et les désirs du Pape. Elle n'a donc pas encore subi les irrésistibles pressions de la juridiction ecclésiastique ? — A partir de là, elle dit que « la consécration est bien faite ».
●  2 juillet : Maria do Fetal renverse carrément des positions qu'elle avait tenues fermement jusqu'en 1986, pour affirmer : « Sœur Lucie m'a dit que Dieu avait accepté la consécration de 1984. »
●  10 juillet : À Fátima, Mgr do Amaral affirme aux jeunes de Fr. Fox que la totalité des évêques du monde s'est jointe au Pape dans sa consécration collégiale [de 1984], y compris les évêques orthodoxes de l'Est.. Et Mgr de conclure : « Parfois, les gens se laissent prendre et écrivent au Pape à propos de la consécration collégiale. CELA NE DEVRAIT PAS SE FAIRE. Le Saint-Père sait ce qu'il a à faire. Il a fait tout ce qu'il estimait devoir être fait. »
●  Entre août 89 et juillet 90, apparaissent tout à coup des lettres tapées à l'ordinateur et portant la soi-disant signature de sœur Lucie; c'est une volte-face à tout ce que Lucie a affirmé depuis plus de 50 ans à propos de ladite consécration.
●  1er août : Maria do Fetal demande à sœur Lucie comment elle avait su que Dieu avait accepté l'acte de consécration de 1984. Tout se passe comme si on avait persuadé sœur Lucie que seule la transmission matérielle du message lui revient, et que l'interprétation qu'en font son évêque et le Pape doit la trouver humblement soumise.
●  29 août : Lettre authentique (?) de sœur Lucie à sœur Marie de Belém, affirmant nettement que le Saint-Père a satisfait aux demandes de la Vierge lors de la consécration du 25 mars 1984.
●  30 août : Frère Robert J. FOX s'emploie à persuader les masses que la consécration de la Russie est faite; que la Vierge est satisfaite, et que voici le miracle : la conversion est en marche, car Dieu tient parole. Le Père Messias Coelho opine dans le même sens.
●  Donc : Si Lucie de Fátima dit que la consécration est faite et bien faite, c'est que Dieu et sa Sainte Mère bénissent Gorbachev et sa perestroïka, et donc tous ceux qui s'opposent à ces vues et agissements doivent être excommuniés. Cette propagande repose sur au moins trois mensonges : — La consécration de la Russie est faite, le Pape l'a dit. — L'épiscopat du monde entier y a participé. — Le témoignage de sœur Lucie est là.
●  Les lecteurs du Fátima Family Messenger de Fr. Fox sont encouragés à prier pour le succès de la rencontre de novembre entre le Pape de Rome et le président Gorbachev de l'U.R.S.S.
●  Octobre : Fr. Fox lance sa campagne d'intoxication en s'appuyant essentiellement sur des comptes rendus de prétendus parloirs de sœur Lucie avec Maria do Fetal.
●  Mercedes Rivera et sa supérieure se voient retirer la permission de s'entretenir désormais avec sœur Lucie : Rome ne donne plus de permissions !
●  Novembre : Chute du Mur de Berlin. D'ordre du Vatican et secondé par l'évêque de Fátima, est lancée dans l'opinion catholique mondiale une énorme campagne présentant la perestroïka comme le grand miracle annoncé, de la conversion de la Russie et de la paix du monde obtenues par Marie selon les promesses, en réponse à la consécration du monde (et en secret... de la Russie !) au Cœur Immaculé de Marie par Jean-Paul II à Rome le 25 mars 1984.
●  14 novembre : Fr. Paul Leonard Kramer écrit à sœur Lucie.
●  21 novembre : Sœur Lucie répond à Fr. Kramer avec sa signature authentique : « Souvenons-nous que le plus important de cette consécration est l'union de tout le peuple de Dieu, telle que le Christ l'a voulue et demandée au Père... Si nous nous séparons du Pape qui est le suprême représentant du Christ sur la terre, nous nous séparons du Christ, chef et tête de Son Église, qui est présent parmi nous, en la personne de Celui que l'Esprit-Saint a choisi, soit actuellement, Jean-Paul II. »
●  1er décembre : La voie est libre pour la réconciliation de Rome avec Moscou ? C'est le sommet et le triomphe de l'Ostpolitik. Rencontre Wojtyla- Gorbachev à Rome. Cette rencontre aurait-elle comme divin fondement les promesses de Fátima ?
●  Laurentin : « 70 minutes d'entretien ont renversé 70 ans d'hostilité » (Chrétiens-Magazine).
●  28 décembre : Le Père Luis Kondor rapporte d'une visite à sœur Lucie :
— « la consécration du 25 mars 1984 était suffisante pour remplir la demande de Notre-Dame concernant la consécration de la Russie »;
— « les changements qui se produisent en Europe de l'Est sont un résultat direct de la consécration et le début de l'accomplissement de la promesse faite par Notre-Dame de convertir la Russie ».
●  À ce sujet, sœur Lucie et les autorités de Fátima sont soucieuses de la confusion qui s'est produite dans quelques cercles, particulièrement aux USA.
●  Des lettres, des conversations, des attestations, documents, merveilleusement authentiques, prouvaient à l'évidence que sœur Lucie, la sainte voyante, la messagère du Ciel, le savait, le disait : « C'est la Vierge qui sauve maintenant la Russie et la paix, par cet archange inattendu, saint Michel... Gorbachev ! »
●  L'an de grâce 1990 s'ouvre dans cette curieuse aurore boréale.
1990 ●  1er janvier : Au Canada, le titre officiel Apostolat mondial de Fátima devrait être à présent en vigueur dans toutes les nations où l'Armée bleue est implantée. Les autorités centrales (?) demandent de supprimer progressivement le titre Armée bleue.
●  Aux USA, Mgr Luna, ofm, président international de l'Apostolat mondial de Fátima, soutient Fr. Fox contre Fr. Gruner : Les nombreuses lettres qui sont envoyées au Saint-Père lui demandant de consacrer la Russie l'importunent. The Fátima Crusader est en train de créer une confusion universelle.
●  10 janvier : La prieure du carmel de Coïmbre écrit à Fr. Gruner de ne pas s'arrêter en pèlerinage dans la chapelle de son couvent : — « vous n'êtes pas en bons termes avec la hiérarchie de la sainte Église, ce qui nous est fondamental. [...] Vous avez abusé de notre hospitalité en vous servant des paroles et des photos de nos sœurs externes, pour votre propagande. »
●  29 janvier : Vers 8 h 30, l'abbé Caillon, à Fátima, frappe à la porte de Maria do Fetal qui s'exclame en l'apercevant :
— « J'allais vous écrire. La consécration est faite ! »
— « Mais en juin 1989, n'affirmiez-vous pas : La consécration n'est pas faite. Ils la feront mais ce sera tard ? », dit le Père Caillon.
— « Quand je vous disais cela, je ne rapportais pas les paroles de sœur Lucie. J'inventais... »
●  Maria suit aveuglément aujourd'hui les directives de l'évêque de Fátima.
●  13 mai : Mgr do Amaral déclare devant le cardinal J. Meisner et plus de 500.000 pèlerins : Tout nous porte à croire que la consécration sollicitée par Notre-Dame a été faite. N'importunons pas davantage le Saint-Père qui a fait tout ce qu'il lui est possible de faire.
●  Le cardinal Oddi : « La consécration de la Russie n'a pas encore été effectuée; il ne sera possible d'exécuter la demande de Notre-Dame qu'après la révélation du troisième Secret. »
●  Juillet : Fr. Fox détient maintenant ses informations non plus de Maria do Fetal mais directement des carmélites de Coïmbre.
●  Juillet : Un article de The Fátima Crusader (Father Fox fabrications. The inventions of Maria do Fetal) engorge la boîte aux lettres et le téléphone de Fr. Fox à qui on demande des explications. Fr. Fox se montre incapable d'articuler une seule preuve contre les soi-disant fausses informations de The Fátima Crusader.
●  7 août : À la Capelinha, Fr. Fox, fort de l'appui de l'évêque de Fátima et d'une documentation fournie par la prieure de Coïmbre, réitère son affirmation : « La Russie a été solennellement consacrée au Cœur Immaculé de Marie par Sa Sainteté le pape Jean-Paul II en union avec tous les évêques du monde, le 25 mars 1984, d'où l'effondrement du communisme en Europe de l'Est et l'ouverture d'une ère de paix. »
●  Le Père Luis Kondor ne peut répondre directement à la question de savoir quand Lucie a affirmé pour la première fois que la consécration avait été faite selon les requêtes du Ciel; embarrassé, il explique qu'au moment où Jean-Paul II devait prononcer le mot Russie, les haut-parleurs ont été coupés et le Pape a murmuré de manière inaudible...
●  Et ces lettres où Lucie affirme que l'acte du 25 mars 1984 a répondu aux demandes de Notre-Dame ? Le P. Kondor réplique : « Elles sont authentiques. Sœur Lucie se sert d'un ordinateur à traitement de texte et elle est libre d'écrire à n'importe qui. [...] Il faut demander [la permission de parler à sœur Lucie] uniquement au cardinal Ratzinger. ... Il revient à l'Église de juger des messages du Ciel et non pas à la voyante elle-même. »
●  Le Père Kondor laisse entendre que le Saint-Siège a fait la consécration de la Russie et exige que l'on cesse de soulever des objections.
●  Il affirme que Maria do Fetal a été blâmée, et qu'elle ne reverrait plus sœur Lucie si elle n'observe pas la discrétion imposée.
●  9 août : Une sœur tourière du carmel de Coïmbre répond à M. David J. Boyce : — « Je pense comme vous, mais l'Église c'est comme ça. Il nous faut prier ». Elle opine en plus que sa sœur Prieure répondrait de la même manière.
●  10 août : le Père Cristino affirme à M. Boyce : — « L'œuvre complète du Père Alonso ne sera jamais publiée. Il existe une commission qui prépare une synthèse ».
— « Il ne se hasarderait pas à faire une déclaration publique du genre de celle de Fr. Fox », rapportée ci-haut.
— « Les trois lettres de sœur Lucie sont authentiques, mais l'abbé de Nantes et Fr. Gruner en ont contesté l'authenticité ».
L'abbé Cristino répond par un haussement d'épaules quand M. Boyce lui signale : « que ces trois lettres mentionnent erronément que Paul VI aurait fait une consécration du monde le 13 mai 1967, et que la lettre à Noelker affirme que la consécration de la Russie demandée par Notre-Dame ne devait pas être faite au cours d'un concile. » L'abbé Cristino désire changer de sujet quand on lui demande si entre février et août 1989, sœur Lucie a reçu du Saint-Siège la permission de répondre dans sa correspondance à des questions portant sur les apparitions et le message de Fátima... Il avoue : « Je comprends vos objections, ça me trouble... Il est curieux que l'on ait laissé s'écouler cinq années avant de dire que la consécration était accomplie. »
●  Août : Durant son séjour à Fátima, M. D. J. Boyce tente vainement de rencontrer Maria do Fetal, qui ne tient plus à faire de déclarations. Sa ligne téléphonique est coupée.
●  Automne : Afin de relancer aux USA sa campagne d'intoxication, Fr. Fox rentre du Portugal avec un document qu'il voudrait décisif : une nouvelle lettre (datée du 5 juillet 1990), de sœur Lucie, adressée à Fr. Fox lui-même ! et traitant de la consécration du 25 mars 1984. L'authenticité des nouvelles lettres qu'il produira restera douteuse.
●  11 octobre : À Fátima, Carolina dos Santos, sœur de Lucie, affirme à Fr. Gruner qu'on ne doit pas ajouter grand foi aux lettres tapées de sœur Lucie puisque cette dernière ne sait même pas écrire à la machine...
●  22 octobre : Le rapport écrit d'un expert étranger hautement placé indique que la signature de sœur Lucie fut forgée sur une lettre composée à l'ordinateur en novembre 1989. Des extraits de cette lettre, parue en mars 1990 dans une revue catholique italienne, furent abondamment cités comme preuve que la consécration avait été faite. De nombreux services de nouvelles s'emparèrent de ce canular italien pour lui faire faire son tour du monde.
●  9 décembre : On apprend qu'on tiendrait maintenant la certitude que sœur Lucie serait contre toutes ces manœuvres tendant à faire accréditer que la consécration est bel et bien faite selon ce que demande la Vierge de Fátima. Y aurait-il là-dessus des discussions au sein même du carmel de Coïmbre ?
1991 ●  13 mai : Jean-Paul II est de nouveau à Fatima. Il rencontre sœur Lucie pendant une demi-heure, mais rien ne filtre de l'entretien.
●  8 décembre : fin de l'U.R.S.S., remplacée par la C.E.I. (Communauté d'États Indépendants).
1992 ●  8 octobre : le père Nicholas Grüner réussit à faire venir 65 évêques à Fatima pour leur parler de la consécration de la Russie. Mais près de 35 ont été dissuadés de venir ; deux jours plus tard, le père Grüner est frappé violemment par des employés du sanctuaire.
●  11 octobre : Au parloir du Carmel de Sainte-Thérèse, à Coimbre, de 12 h à 14 h, Sœur Lucia étant accompagnée de mère Maria das Mercês; ont participé à l'entretien :
— Le cardinal Antony Padiyara, archevêque d'Ernakulan, en Inde ;
— Mgr Francis Michaelappa (†1993), évêque de Mysore, en Inde ;
— Carlos Evaristo, historien, qui servait à l'occasion d'interprète ;
— le père Francisco Veras Pacheco, de Fortaleza, au Brésil.
Plus tard, Evaristo publie un compte-rendu extravagant des conversations ; il fait dire à sœur Lucia : « Oui, oui. La consécration avait déjà été faite partiellement par le pape Pie XII, le 31 octobre 1942, mais il lui manquait l'union de tous les évêques du monde ; ce que le pape Jean-Paul II est finalement parvenu à obtenir en 1984 ». (Cf. Carlos Evaristo, "Fatima. Sœur Lucia témoigne. Le message authentique", éd. Chalet, fin 1999, pp. 56-60).
1993 ●  23 juin : les accords de Balamand, entre l'Église catholique et les orthodoxes schismates, « excluent pour l'avenir tout prosélytisme et toute volonté d'expansion des catholiques aux dépens de l'Église orthodoxe. » Rome s'oppose ainsi directement à la conversion de la Russie.
●  11 octobre : Deuxième entretien avec Sœur Lucia au même endroit, de 22 h 30 à 23 h 30 (?!). Interlocuteurs :
— Carlos Evaristo, Mère Maria das Mercês, prieure du couvent ;
— le cardinal Ricardo Vidal, arch. de Cebu (Philippines) ;
— le père Edgardo Arellano (al. Bing), de Manille ;
— le père Joao Maria Rodrigues, de l'Ordre de la Sainte-Croix, de Fatima ;
— John Santos, séminariste de Manille ;
— Mère Maria Pia, supérieure des Sœurs oblates de Fatima, à Rome ;
— Noreen Marbella et Elsa Regala, de Manille ; (Ibid., pp. 88, 100, 104)
1994 ●  Octobre : Le secrétaire d'État et le nonce apostolique du Portugal écrivent aux évêques du monde entier, leur donnant pour directive de ne pas assister à la seconde conférence pour la paix organisée par le père Nicholas Grüner, et qui doit se tenir au Mexique. Des visas sont refusés et beaucoup d'autres obstacles sont mis sur la route de 100 évêques catholiques qui ont accepté l'invitation à la conférence.
1996 ●  18-24 août : la commission théologique du congrès mariologique international de Czestochowa et une note de l'Académie pontificale mariale rejettent la demande de définition dogmatique de Marie corédemprice, médiatrice et avocate. De nombreuses pétitions étaient parvenues à Rome en faveur de la définition de ce nouveau dogme.
●  novembre : A Rome, une troisième conférence pour la paix, organisée par le père Grüner, réunit 200 évêques malgré toutes les pressions exercées.
1997 ●   La nouvelle loi sur la liberté religieuse en Russie place l'Église catholique dans une situation aussi précaire que les sectes.
1999 ●  12-18 octobre : nouvelle conférence pour la paix organisée par le père Grüner à Hamilton aux Etats-Unis (Ontario) ; mais il est devenu de plus en plus difficile d'atteindre les prêtres et les évêques à cause des pressions du Vatican. Quelques évêques et prêtres seulement sont présents, et 300 laïcs.
2000 ●  13 mai : Le Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d'État du Vatican, au terme de la cérémonie de béatification de François et Jacinthe Marto, est chargé par Jean-Paul II de faire l'annonce concernant le Secret :
— « c'est une protection qui semble concerner aussi ce qu'on appelle « la 3ème partie » du Secret de Fatima. [...] La clé de lecture du texte ne peut que revêtir un caractère symbolique. [...] Bien que les situations auxquelles fait référence la 3ème partie du Secret semblent désormais appartenir au passé, l'appel de la Vierge de Fatima à la conversion et à la pénitence. [...] Pour permettre aux fidèles de mieux recevoir le message de la Vierge de Fatima le Pape a confié à la Congrégation pour le Doctrine de la Foi le soin de rendre publique la 3ème partie du secret, après en avoir préparé un commentaire approprié ».
●  5 juin : le cardinal Castrillon-Hoyos envoie une lettre au père Grüner le menaçant d'excommunication.
●  26 juin : la congrégation pour la Doctrine de la foi publie « le message de Fatima ». Dans le texte de présentation, Mgr. Bertone rapporte des paroles de sœur Lucie disant que la consécration de la Russie a été faite comme Notre-Dame le demandait. Il ajoute que, désormais, toute discussion ou nouvelle pétition est sans fondement. Dans le même document, le cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI), se réfère explicitement au père Dhanis et dit que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie est une notion « surprenante pour des personnes provenant de l'aire culturelle anglo-saxonne et germanique ».
●  8 octobre : sur la place Saint-Pierre, en présence de 76 cardinaux et 1400 évêques rassemblés pour le grand jubilé de l'an 2000, Jean-Paul II prononce un « acte de confiance » à la Vierge Marie : « Nous sommes ici devant toi pour confier à tes soins maternels nous-mêmes, l'Église et le monde entier. » La statue de Notre-Dame de Fatima a été apportée de la Cova da Iria pour cette occasion.
●  Décembre : parution du dernier livre de sœur Lucie : « Appels du message de Fatima », qu'elle avait achevé d'écrire le 25 mars 1997. Non seulement elle ne fait aucune allusion à la consécration de la Russie, mais le tableau qu'elle dresse de la situation du monde prouve à l'évidence que la Russie n'a toujours pas été consacrée.
2001 ●  12 septembre : l'office de presse du Vatican publie une mise en garde contre le père Grüner à propos d'une nouvelle Conférence pour la paix dans le monde qui doit se tenir à Rome du 7 au 13 octobre. Le texte est signé par le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé, et déclare que le père Grüner est suspens a divinis.
●  17 novembre : Mgr. Bertone visite sœur Lucie au carmel de Coïmbra. Le compte-rendu de sa conversation d'une heure et demie à deux heures avec la voyante comporte seulement quelques dizaines de mots. Il fait dire à la voyante que la consécration de 1984 a été acceptée au Ciel, et qu'elle confirme tout ce que contient le document publié par la congrégation pour la Doctrine de la foi en juin 2000.
2005 ●  13 février : sœur Lucie est rappelée à Dieu dans son carmel de Coïmbra.
●  2 avril : décès de Jean-Paul II à Rome, un premier samedi du mois, alors qu'il n'avait jamais encouragé la dévotion réparatrice des premiers samedis. Les médias le saluent comme « le tombeur du communisme », mais lui-même avait déclaré en 1994 que le communisme était tombé tout seul, sans même une intervention directe de la Providence.
●  19 avril : le cardinal Ratzinger est élu pape, il prend le nom de Benoît XVI. C'est de lui que dépend maintenant l'accomplissement ou le refus des demandes de Notre-Dame à Fatima.

● Huit points à retenir sur la Demande de Consécration
   de la Russie au Cœur Immaculé de Marie :

Les conclusions qui se dégagent des faits concernant la consécration de la Russie et la révélation du Secret sont les suivantes :

1 ● Ceux qui laissent entendre que la consécration de la Russie est faite assument une troublante responsabilité, quand on pense qu'on aurait pu faire l'économie d'une guerre dévastatrice.
2 ● A. de Marenches, ancien chef des Services secrets français, parle exactement comme la Sainte Vierge dans la 2ème partie du secret de Fátima : il dénonce la stratégie globale de la Russie.
3 ● À qui demande : Qui est juge en ces matières, Lucie ou le Pape ? la réponse est évidente : Seule, sœur Lucie sait ce que Notre-Dame lui a dit et, seule, elle peut le transmettre. Or à Fátima, Notre-Dame n'a jamais dit : consécration du monde, mais toujours et uniquement : consécration de la Russie !
4 ● Ce qu'il importe de faire maintenant ?
    — Seule, la Russie doit apparaître nettement comme le seul objet de la consécration.
    — Le Pape et les évêques doivent collégialement consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie Voir Forum.
5 ● Au Portugal des esprits lucides, tel le Père Luciano Cristino, désavoue en privé le Père Fox.
6 ● Les Pères Kondor et Fox — pour soutenir que la consécration de la Russie a été faite — n'ont d'autre argument que le prétendu témoignage de sœur Lucie, qui serait attesté, non plus par les déclarations de Maria do Fetal, mais essentiellement par les trois ou quatre lettres dites de sœur Lucie.
7 ● Quand Maria do Fetal rapportait autrefois des paroles de sœur Lucie, elle ne les inventait pas ! Elle n'avait pas encore subi les pressions des conjurés ecclésiastiques de Fátima-Village. Elle n'avait pas non plus reçu l'ordre de tenir le discours qu'elle développe aujourd'hui.
8 The Fátima Family Messenger ne conteste qu'un seul des témoignages apportés : celui du cardinal Law que cinq prêtres accompagnaient.

 


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